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Dîner avec Alexandre le Grand, drame 2026

Au théâtre de Nesle,
Une Tragédie de Babis Plaïtakis avec la chute d’un mythe.

Son auteur nous plonge dans les tourments intérieurs du conquérant macédonien.

Synopsis (Résumé)

Lors d'un banquet en Asie, Alexandre le Grand tue l'homme qui l'avait sauvé, puis sombre dans une crise de conscience. Au fin fond de l'Asie, un soir, lors d'un banquet bien arrosé, Alexandre le Grand commet un acte irréparable : il tue l'homme qui lui avait jadis sauvé la vie. Cet acte l’entraine, désespérément, à envisager pour lui le pire des châtiments. Dans ce drame en trois actes, la vie d'Alexandre défile, ainsi que sa crise de conscience face au crime.

Déroulé de la pièce tel que je l’ai vécu

Entre souvenirs et visions, répartis donc en 3 actes, au travers de Dîner avec Alexandre le Grand, drame 2026, porté au théâtre, Alexandre revit un crime commis lors d’un banquet trop arrosé et affronte la culpabilité qui le dévore. 

Une tragédie sobre et frontale, où le conquérant, doute voire se fissure et la certitude de l’homme vacille, tirée d’un épisode réel de la vie de ce mythe guerrier, conquérant.

La pièce s’articule autour d’une crise de conscience : le crime importe presque moins que ses effets psychologiques qui en découlent. 

L’interprétation de Baptiste Joët, dans le rôle-titre, incarne avec intensité cette descente aux enfers intérieure : chaque silence, chaque regard devient un miroir de l’âme tourmentée du conquérant. Par instant, la présence énigmatique de l’oracle, incarne cette voix du destin si cruciale dans la tragédie antique, ajoutant une dimension spirituelle et fatidique à la crise d’Alexandre.

Dans l’écrin de pierre du Théâtre de Nesle, la mise en scène épurée et l’éclairage en clair-obscur renforcent cette plongée psychologique, où le spectateur partage non pas la gloire d’Alexandre, mais ses doutes les plus intimes. 

Alexandre se débat ainsi entre son image de mythe vivant et un geste irréparable qui le fissure. Il en résulte une tragédie de l’intime, où l’orgueil, dans un mécanisme ancestral, devient souvent le possible moteur central même, de la chute. 

Ma conclusion

La pièce, Dîner avec Alexandre le Grand, va au-delà d’un simple épisode sombre : à 32 ans, Alexandre a déjà renversé la puissance Perse et bâti un empire de la Méditerranée à l’Inde.
 

Nourri d’une documentation solide, le texte de Babis Plaïtakis met en avant le moteur idéologique des conquêtes d’Alexandre :
Répandre les vertus grecques pour « civiliser » les peuples, en y incluant même certaines des spécificités et des coutumes des habitants des pays conquis, ce qui
n’est pas forcément compris par l’ensemble de ses proches conseillers et généraux de son armée.

Au final, une pièce soigneusement écrite et portée par un jeu d’acteurs très juste, avec une mise en scène sobre et soignée tout comme le décor. 

Un spectacle d’un drame théâtral que nous ne pouvons que vivement recommander. 

(Il est accessible dès 10 ans.) Pour les plus jeunes, la présence d’un adulte facilitera ensuite une discussion abordable et une réflexion, pour ceux-ci, à la fois sur les points historiques mais aussi sur une approche psychologique.

Cette pièce dépasse, à mon avis, l’histoire pour s’inscrire dans une réflexion plus contemporaine des méandres et de la complexité de l’esprit de l’homme face à la puissance du pouvoir dont il dispose.  
Et au regard des tensions qui traversent aujourd’hui cette même région du monde, le texte de Plaïtakis prend une résonance singulière :  

Plus de deux millénaires après les campagnes d’Alexandre, les échos de ces conquêtes résonnent encore étrangement avec l’actualité de cette même région.  

Sans jamais se faire politique, il nous rappelle que les mécanismes de la conquête, de la résistance et de la mémoire traversent les siècles. 
Une proximité géographique qui invite simplement à méditer sur la permanence des enjeux de pouvoir, d’identité et de mémoire. À chacun d’y lire les échos
qui lui parlent.
 

Elle intéressera sans aucun doute les amateurs ou passionnés de culture antique mais aussi toutes les personnes qui aiment les textes bien écrits et enrichis par une documentation initiale très fouillée qui donne encore plus de corps à cette pièce. Rappelons-le une nouvelle fois : elle se base sur une histoire réelle dans la vie d’Alexandre le Grand et l’auteur a su en tirer un texte passionnant, digne d’une tragédie classique. 

Dominique Henry, pour les magazines   infospectaclesloisirs.com   et   clicinfospectacles.fr, le 10 mai 2026
Photos : Dominique Henry

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NB : À propos de l'auteur.

Babis Plaïtakis est un écrivain et dramaturge grec originaire de Crète, formé à l’histoire de l’art et à l’archéologie en France. 

Auteur à succès en Grèce, il a d’abord écrit Dîner avec Alexandre le Grand en grec, avant de co-traduire l’œuvre en français avec Philippe Delobel. 

C’est un spécialiste reconnu de la figure d’Alexandre le Grand. Il signe ici une pièce nourrie d’innombrables recherches sur Alexandre le Grand, non pas sur le demi-dieu, mais sur l’homme.
 

Il a également publié plusieurs ouvrages historiques primés, dont Hypatie, la femme qui a osé ou Le Greco et le Grand Inquisiteur. En parallèle de sa carrière d’écrivain, il s’est aussi essayé à la réalisation de courts-métrages et de documentaires, fidèle à sa formation initiale et à son regard sur la création.
Il vit et travaille entre Athènes et la scène théâtrale et cinématographique internationale. Il a reçu en 2025 le prix Heritage & Museums.
 

Ce qu’il faut savoir sur cette tragédie antique à ce jour :

Le Dîner avec Alexandre le Grand est présenté par la compagnie l’Onde Bleue, jusqu’en mai 2026, pour le moment, au Théâtre de Nesle, Paris 6ème.
 

Une pièce écrite originalement en Grec par Babis Plaïtakis (Texte ensuite traduit du grec par Philippe Delobel et par l’auteur Babis Plaïtakis).
 

La musique a été composée par Alexandros Hahalis. 


La mise en scène est de Babis Plaïtakis

Assistante de mise en scène : Safia Bouadan.
 

Les costumes sont d’Aristide Patsoglou.
 

Distribution : Baptiste Joët (Alexandre le Grand), Emmanuel de Montval (Kleitos), Safia Bouadan (Aristandre), Didier Forest (Anarxachos), Lancelot Le Galle (Héphaïstion), Antonio Labati (Kratère, Perdiccas), Alexandre Kollatos (Callisthène).