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Largo Winch : Le Prix de l’Argent, Part 3

Un film d’action français imparfait mais plaisant à voir, sans prise de tête

Préambule

Sorti en salle le 31 juillet 2024, Largo Winch : Le Prix de l’Argent, Part 3, marque le retour de Tomer Sisley dans la peau du milliardaire aventurier.
Entre complot financier, enlèvement, cascades physiques et décors internationaux, ce troisième volet signé Olivier Masset-Depasse n’est pas un chef-d’œuvre, mais il offre un divertissement d’action solide, nerveux et souvent agréable à suivre.
 

Synopsis (Résumé)

Depuis l’enlèvement brutal de son fils Noom, Largo Winch fait l’objet d’une impitoyable machination cherchant à l’anéantir et à détruire le groupe W.
Pour faire éclater la vérité et retrouver son fils, Largo se lance dans une traque sans relâche. Des forêts canadiennes, en passant par Bangkok jusque dans les profondeurs des mines birmanes il ne sait pas encore qu’il devra faire face aux démons du passé
.

Largo Winch : Le Prix de l’Argent, Part 3 : un retour attendu treize ans après

Avec le recul, Largo Winch : Le Prix de l’Argent, part 3, mérite d’être abordé avec un peu plus de nuance. 

Treize ans après le précédent volet, ce retour du milliardaire aventurier avait tout du pari risqué : relancer une franchise déjà installée, retrouver l’esprit de la bande dessinée, séduire un public qui ne se souvient pas forcément des deux premiers films, tout en s’inscrivant dans un cinéma d’action contemporain devenu très concurrentiel.  
 
De ce point de vue, le film d’Olivier Masset-Depasse n’est pas irréprochable, mais il possède une qualité essentielle : il croit sincèrement à son récit d’aventure et à son pouvoir de divertissement.

Une mise en scène d’action physique et généreuse

Le film s’appuie d’abord sur une mise en scène physique, volontairement musclée, qui privilégie le mouvement, les déplacements et l’impact immédiat des scènes d’action.

La poursuite à moto, les affrontements rapprochés, les passages en forêt ou dans les paysages asiatiques témoignent d’une ambition réelle : donner au spectateur le sentiment d’un cinéma d’aventure incarné, tourné vers le grand écran, loin d’une simple succession d’effets numériques anonymes.

Tout n’est pas toujours d’une lisibilité parfaite, et certaines séquences cèdent parfois à la surenchère, mais l’ensemble garde une énergie appréciable.
C’est précisément cette générosité qui rend le film attachant, même lorsqu’il force le trait.

Un scénario efficace, mais parfois trop mécanique

Sur le plan dramatique, Le Prix de l’Argent reste plus inégal. Le scénario empile les ressorts attendus du genre : complot financier, enlèvement, secrets du passé, trahisons et course contre la montre. Certains raccourcis paraissent commodes, certains personnages secondaires auraient gagné à être mieux dessinés, et l’intrigue avance parfois davantage par obligation mécanique que par véritable nécessité intérieure. 
 

Pourtant, le film trouve son intérêt dans l’évolution de Largo lui-même. Tomer Sisley ne joue plus seulement le héros sûr de lui : il laisse apparaître un homme fatigué, plus vulnérable, presque rattrapé par le poids de son propre mythe. Cette fragilité donne au personnage une humanité bienvenue. 

Un casting solide porté par Tomer Sisley

Le casting participe largement à cette impression contrastée mais stimulante. James Franco compose un antagoniste volontairement froid, brutal, presque programmatique, dont l’efficacité tient moins à la profondeur psychologique qu’à la menace physique qu’il impose.  
 
Clotilde Hesme apporte une sobriété utile, tandis qu’Élise Tilloloy, dans le rôle de Bonnie, introduit une respiration légèrement comique et humaine qui évite au film
de se figer dans la gravité.

Son personnage peut sembler écrit comme une fonction narrative, mais sa présence apporte une fraîcheur réelle et un contrepoint bienvenu à la tension permanente
du récit.
 

Les limites du film : conventions, violence et frustration finale

Il faut aussi reconnaître les limites de l’entreprise. Largo Winch : Le Prix de l’Argent n’échappe pas toujours aux conventions du film d’action contemporain : invraisemblances assumées, violence parfois appuyée, adversaires très démonstratifs, péripéties qui s’enchaînent avec plus d’efficacité que de finesse.
 
 

La conclusion, surtout, semble davantage préparer une suite que refermer pleinement l’histoire racontée. Ce choix peut frustrer, car il donne l’impression que le film
garde une partie de ses cartes pour plus tard. 
 

Mais cette frustration révèle aussi une forme d’attachement : si l’on regrette que tout ne soit pas mieux résolu, c’est bien que l’on a fini par accepter de suivre Largo
dans cette nouvelle aventure.

Verdict : faut-il voir Largo Winch : Le Prix de l’Argent, Part 3 ?

Finalement, ce troisième volet n’est ni un chef-d’œuvre ni une révolution du cinéma d’action. Il demeure parfois trop prévisible, trop démonstratif, trop pressé de cocher les passages obligés du genre. Mais il possède une sincérité, un souffle et une envie de spectacle qui finissent par emporter l’adhésion.

 

C’est un film imparfait, mais vivant ; brutal par moments, mais généreux ; convenu dans son architecture, mais plaisant dans son exécution. Avec un peu de distance, quelques semaines après son visionnage, je dirais que Largo Winch : Le Prix de l’Argent mérite une appréciation plus bienveillante.

 

On n’y trouve pas un grand film, mais un divertissement solide, dépaysant, souvent efficace, et suffisamment attachant pour donner envie de croire encore à la vitalité d’un cinéma d’action populaire à la française. Au final pas déplaisant et distrayant, à aller voir.

Dominique Henry, le 20 aout 2024, pour clicinfospectaclesloisirs.fr 
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Sortie en salle le 31 juillet 2024, 1h 40min, Catégorie : Action

De Olivier Masset-Depasse, par Olivier Masset-Depasse, Giordano Gederlini

Avec Tomer Sisley, James Franco, Clotilde Hesme

Titre original The Price of Money – a Largo Winch Adventure
Produit par Pan-Européenne, Versus Production, TF1 Films Production, RTBF.